Une classe de boulangers-poissonniers et une classe de vendeurs du lycée-CFA Jules-Verne ont respectivement rencontré Jean-Marc Ligny et Alain Absire, deux écrivains prêts à discuter avec de jeunes lecteurs.
Jean-Marie Ligny possède une belle énergie : assis au coeur de la classe, il a, durant près de deux heures, inlassablement répondu aux élèves. Mais la proximité ne s'arrête pas là : il sait qu'il partage ce moment avec des jeunes apprenant un métier et il a su leur parler en tant qu'homme de métier. En effet les questions concernant son travail et la construction d'un roman ont été légion.
Un livre, c'est comme
du pain
Alors, Jean-Marc Ligny se met à raconter : avant de vivre de sa plume, il a fait des petits boulots. Fasciné par la science-fiction, il est resté fidèle à ce genre qui représente autant de fenêtres sur des mondes possibles. Il a montré aux élèves la construction d'un roman étape par étape, tout en restant autocritique, notamment à l'égard de ses premiers écrits, dont les ratés lui ont permis de progresser.
« Un livre, c'est comme du pain, vous aussi à force d'en faire vous savez lequel est bon », a-t-il dit en substance. Toutes ces précisions ont permis aux élèves de mieux apprécier le roman « Les guerriers du réel » qu'ils ont étudié avec leur enseignante Mme Metzger.
Les élèves de la classe de seconde Bep Vente ont adopté une démarche similaire. En amont de la rencontre avec Alain Absire, auteur et président de la société des gens de lettres, ils ont étudié son recueil de nouvelles « Au voyageur qui ne fait que passer » avec leur enseignante Mme Jendrysiack.
Les élèves n'ont pas été avares de questions autour de l'oeuvre de l'auteur et là aussi, l'échange a été fructueux. Avant de rencontrer les élèves, Alain Absire a pu éclairer le sens de ces rencontres d'écrivains organisées par l'académie de Strasbourg.
« C'est le rôle des écrivains de venir vers les jeunes pour leur redonner le goût de cette lecture d'une vie à imaginer. Redonner le goût, c'est aussi désacraliser le livre et la lecture. La lecture est à la fois un plaisir mais aussi l'occasion de trouver matière à améliorer la vie du lecteur. »
Alain Absire aime à défendre que le livre est un ensemble de valeurs et qu'il est nécessaire de développer des vraies rencontres autour du livre « il s'agit de développer une vraie politique de la promotion du livre ».
Il regrette par ailleurs le paradoxe de l'Internet qui constitue une chance pour l'écrit mais qui en même temps le dérègle. Le livre reste un lieu de confiance, sa fiabilité est le fruit d'un travail d'écrivain et d'un accompagnement via les éditeurs, les libraires et les lecteurs. Parole vérifiée puisque les deux rencontres ont été des moments de rencontres confiantes