Trois enseignants du lycée Jules Verne
en visite à Bruges (Belgique) dans le cadre d'un projet Leonardo

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Romain Klehetter

Projet Leonardo – Rencontre des délégations belge, allemande, finlandaise et française à Bruges du 28 septembre au 1er octobre 2009 pour une semaine d’échanges sur les pratiques pédagogiques respectives sur le thème de l’intégration des personnes issues de l’immigration dans un système scolaire adapté.

Pour la France, Cathy Nussli, Danièle Bertoux et Richard Schwoerer ont retrouvé nos partenaires pour une troisième rencontre d’échanges autour du projet (après Saverne en septembre 2008 et Goeppingen en mai 2009).

A notre arrivée à la gare de Bruges nous avons été accueilli par M. Maes qui nous a conduits à notre hôtel et nous a remis une clé. La délégation belge avait mis à notre disposition des vélos qu’ils avaient loués pour une semaine. Ainsi nous avons été autonomes dans notre mobilité pendant tout le séjour et pour les « missions » à accomplir au sein de la ville. Dès le premier soir, à notre arrivée, nous avons été invités à une visite guidée, toutes délégations confondues dans la ville historique de Bruges.
Mardi matin, nous avons été accueillis chaleureusement par les membres de la délégation belge et par le proviseur Monsieur Cosyns dans le centre de formation qui est rattaché à l’hôpital psychiatrique de Bruges.
L’après-midi, avec les délégations allemandes et finlandaises, nous nous sommes rendus à l’Hôtel de ville de Bruges où nous avons été reçus par l’adjointe au maire ainsi que par une représentante administrative qui s’occupe de la validation des papiers des immigrants. Chaque personne entrant sur le territoire belge doit avoir un domicile fixe et se faire connaître dans les huit jours à partir de son arrivée dans le pays.
Nous avons ensuite été conviés à des travaux pratiques et une mise en situation très concrète de cas particuliers. Divisés en groupes nous avons dû faire les démarches administratives qui s’imposent à une famille qui cherche à s’installer à Bruges. A chaque groupe a été remis un cas particulier – par exemple :
Case 1 : Family from Kenia (recognised refugees)
Father went to school in Kenia for eight years in total – experienced construction worker.
Mother – no schooling (as the eldest child in her family she had to take care of siblings). Shows interests in working with people (social profit sector)
Daughter – 17 years old, did not finish her secondary schooling in Kenia.

Pour s’intégrer en Belgique, il faut avant tout maîtriser la langue, le néerlandais. Une solution existe pour chaque cas, du débutant aux plus avancés.
Nous nous sommes rendus au « Stedelijke Dienst Bevolking » où le niveau est évalué et les cours de « culture et civilisation » doivent être proposés dans la langue choisie par la personne (indi, hundou, espagnol ou russe…). Assister aux cours de langue et de civilisation est obligatoire.
Nous nous sommes ensuite rendus à l’Orthaal Bureau et en dernier lieu au VDAB (pôle emploi français) où des formations professionnelles sont proposées aux immigrants selon leurs compétences et leurs cas particuliers.

Nous avons aussi visité une maison (donnée en location par une institution religieuse) à des personnes volontaires, de toutes convictions religieuses –ou non, pour donner bénévolement un soutien scolaire aux enfants qui étaient en demande d’aide au travail et aux devoirs.
L’ « Integraal »  (http://users.telenet.be/integraal/Wiezijnwij.htm) nous a été présenté par Noël Ramon. C’est une association qui, dans une ambiance chaleureuse et communautaire apporte un soutien moral et scolaire aux jeunes qui le désirent.

Mercredi nous avons visité deux centres de formation du VDAB belge.
Le centre de formation de Zeebruges est un centre de formation maritime qui prépare à toutes les carrières et activités liées à la mer. C’était très impressionnant de visiter le simulateur de navigation. Le coût de ce genre d’appareillage est très élevé et il devient très vite obsolète. Le souci du financement lié à la nouveauté technique est permanent.
Dans le monde marin, la langue anglaise est unanimement acceptée et parlée : « there is no choice ! » nous a –t- on dit avec fatalisme.
Nous avons déjeuné dans un centre de formation hôtelier où des élèves en formation nous ont servi un repas gastronomique.

Lors d’une table ronde, un débat a été organisé entre les formateurs qui dépendent du VDAB (tels nos amis de la délégation belge) et les conseillers du VDAB.
Il nous a paru que les formateurs dans le milieu médical avaient parfois des difficultés avec les élèves stagiaires qui avaient un handicap et qu’ils estimaient mal orientés dans la filière médicale.
Après ce débat animé nous sommes allés faire une marche sur la plage au fil des vagues pour nous ressourcer…

Jeudi a été focalisé sur la formation que propose l’école médicale de la délégation de Bruges. En particulier le système « VOSPA » qui limite les échecs dans la formation car si les examens pour être infirmier (e) sont difficiles pour beaucoup, ils sont malgré tout capables de travailler en tant qu’assistants ou aide-soignant par défaut et un diplôme leur est remis à cet effet. La demande de personnel dans le domaine médical est grande en Belgique et les élèves, après leur formation, sont sûrs de trouver du travail.
Après un déjeuner pris à la cafétéria de l’hôpital parmi les élèves et les patients nous avons eu la chance de visiter Bruges avec nos bicyclettes, guidés par Mme Foubert et nous avons profité de ses connaissances historiques et littéraires de la ville, nous proposant une vue anecdotique de l’histoire de Bruges…

En fin de journée nous avons rencontré les élèves de l’école d’infirmière. En provenance du Cambodge et des pays africains, les élèves, très à l’aise et manifestement contents de nous rencontrer, ont unanimement fait savoir que pour eux cette formation était une chance de trouver du travail et de subvenir aux besoins de leur famille. Travailler dans le milieu médical représentait pour eux un ascenseur social dont ils étaient particulièrement fiers.

Les délégations française, belge, allemande et finlandaise après un verre de l’amitié ont pris congé et nous avons dû remettre les clés de nos bicyclettes – à contre-cœur- mais on nous a offert un porte-clés de Bruges, un autre symbole de liberté et, sans doute, nous ne remercierons jamais assez nos collègues et nos amis belges…

Cathy Nussli

 

 

 

 

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Mme Rouyer