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Ce mardi 22 janvier 2008 les élèves des classes TVAM et 2MS ont pu avoir un contact direct avec la Justice, grâce à la présence de Madame Danko qui occupe depuis quatre ans le poste de juge pour enfants de Saverne.
Cette rencontre avait été soigneusement préparée par les élèves pendant leur cours de droit avec leur professeur Madame Néant, et aussi au CDI où de nombreux ouvrages sur la justice ou la délinquance peuvent être consultés.
Les élèves avaient donc mis par écrit leurs questions qui avaient été préalablement transmises au juge. Mais c’est surtout par le dialogue, et au fur et à mesure qu’étaient abordés les différents points de droit, que la juge a fait partager son expérience et son vécu quotidien au tribunal.
Premier point abordé, les deux aspects du métier de juge pour enfant : l’aspect le plus important (60% du temps) concerne la protection de l’enfance. Le juge intervient alors en cas de problèmes avec les parents, ou dans les cas de souffrances tant physiques que psychologiques de l’enfant ou de l’adolescent. L’autre aspect, concerne la répression de la délinquance. C’est le rôle le plus connu du juge. Actuellement, la tendance est à une répression plus sévère, allant jusqu’à la suppression de l’excuse de minorité.
Madame Danko a ensuite posé le cadre de son action. Le juge semble disposer de pouvoirs énormes : cela est en partie vrai, mais ils sont étroitement encadrés par la loi et les procédures, afin que la subjectivité de l’individu n’interfère pas dans le traitement des délinquants et les jugements rendus. De plus, le juge travaille au sein d’une équipe : le greffier qui certifie que les procédures sont valables, les assesseurs qui dans certains cas rendent les jugements avec le juge.
Nombreuses questions ont concerné les rapports entre adolescents et parents : à l’âge où l’autorité parentale est remise en cause, il n’en reste pas moins que les parents peuvent prendre toute décision qu’ils jugent nécessaires dans l’intérêt de l’enfant. Au risque de ne passer outre le principe du respect de la vie privée. Si un enfant veut s’émanciper, il devra aller voir le juge des tutelles ; à l’inverse, dans certains cas, les parents ne sont plus obligés de prendre en charge leur enfant après 18 ans.
Plusieurs élèves ayant souhaité connaître le parcours scolaire d’un juge, Madame Danko nous a décrit l’impressionnant cursus d’un juge : cinq ans après le bac, concours ouvrant sur neuf mois de formation à l’école de la magistrature de Bordeaux, un an de stage et épreuves de titularisation puis six mois de formation complémentaire. Ce n’est donc pas par hasard que l’on devient juge, mais bien par passion et conviction !
Pour finir, Madame Danko a insisté sur l’importance de l’obtention d’un diplôme, quelque soit son niveau, étant donné qu’une grande partie des jeunes délinquants auxquels elle est confrontée ont commencé à connaître des situations difficiles après avoir abandonné leurs études en cours de route.
Sachant que le juge des enfants de Saverne doit s’occuper d’un territoire de 380 000 habitants, nous remercions vivement Madame Danko d’avoir bien voulu nous consacrer cette matinée fort enrichissante.La Documentaliste
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