
« Mettre une veste
et l'enlever, c'est déjà faire du théâtre », explique Stéphanie Saguerre
aux comédiens en herbe, réunis en ce lundi après-midi dans le hall du FAS
(foyer d'accueil spécialisé) La Licorne à Saverne. Pendant ce temps, trois autres ateliers tournent
dans trois salles du proche lycée Claude-Chappe.
Stéphanie assure la mise en place du tableau de « Fantôme de
l'opéra » et l'heure suivante celui de « Roméo et Juliette »
avec un autre groupe. Céline Delesalle, comédienne également de la compagnie
« Avec ou sans fil », fait travailler les lycéens du Chappe-Verne et les jeunes handicapés des structures locales
sur « West Side Story » et « Les hommes préfèrent les blondes ».
Elle règle justement des scènes de violence physiques et verbales en insistant :
c'est du théâtre ; il convient de ne pas le prendre pour soi.
Christine Schackis privilégie des mouvements simples pour harmoniser le groupe
La danseuse Christine
Schackis privilégie des mouvements simples pour harmoniser le groupe dans
« Street Dancer Honey », de même que pour le suivant dans « Cabaret ».
Et Lucas Bleger peaufine « Moulin Rouge » et « Cendrillon ».
Ensemble, ils se produiront les 4 et 5 avril au château des Rohan dans un
spectacle original, sous le titre « Défilé en comédie musicale »,
alliant un défilé de mode avec le concours de commerçants savernois pour
les vêtements, les bijoux, les maquillages, les accessoires.
Ils sont une quarantaine d'élèves de première année bac pro commerce
du lycée Chappe-Verne et anciens élèves de l'atelier théâtre, ainsi
que trois jeunes du FAS « La Licorne », six du CAT « Les
trois relais » et 16 de l'IME Rosier Blanc, à travailler ce « Défilé
en comédie ». Ce projet 2007 s'inscrit, du côté des lycéens, à nouveau
dans le cadre d'un cours commun (PPCP) entre les matières vente et français,
avec les enseignants Christine Goetz et Daniel Muller. Les professionnels
bénéficient de 25 heures, pour un coût global d'intervention de 4 700 €.
Le fait de «défiler» permet aussi de ne pas se défiler
« Il s'agit
d'affirmer que le théâtre, la danse, la mode, l'univers de la vente, le
monde économique ou associatif et la ville restent ouverts et constituent
des lieux où la différence devient une richesse », argumente Daniel
Muller. Il poursuit : « Le fait de "défiler" permet aussi de ne
pas se défiler. En effet, le spectacle en général et le spectacle de mode
ou de comédie en particulier permettent le regard des uns sur les autres :
c'est un premier pas de rencontres valorisantes. »
La démarche est soutenue par le proviseur Pascal Freund qui se réjouit
également d'annoncer l'ouverture, à la rentrée prochaine, d'une classe UPI
(unité pédagogique d'intégration) dans son établissement. Elle sera dirigée
par Daniel Muller, pour une dizaine d'élèves intellectuellement déficients.
Une telle UPI n'existe cependant pas encore localement au niveau
collège. A suivre. Mais, pour l'heure, place au spectacle !
Deux projets sont
à l'origine de ce défilé:
Dans le cadre d'un projet à caractère professionnel, les enseignants de
vente Christine Goetz et de lettres-histoire Daniel Muller ont organisé,
en 2004, un défilé de mode « à l'italienne » avec une classe
de terminale vente action marchande. Ils ont eu recours à l'intervention
de la danseuse professionnelle Christine Schackis, qui a travaillé les
chorégraphies avec les élèves. Des commerçants locaux ont mis à disposition
vêtements et accessoires. La ville a mis à disposition la salle Marie-Antoinette
et a installé le plateau de déambulation. Quelque 300 spectateurs étaient
dans la salle.
En 2005, Daniel Muller met en place un atelier de théâtre, réunissant
des lycéens et des personnes handicapées du FAS, du CAT et de l'IME. Cet
atelier de 7 heures a donné lieu à une présentation publique et a été
partiellement filmé. Il s'inscrivait dans l'opération « Le mois de
l'autre » (Région-Rectorat). Reconduit en 2006 et bénéficiant du
partenariat supplémentaire de la ville, il est porté à 20 heures et aboutit
à un spectacle donné à trois reprises pour environ 300 spectateurs.